Cuisiner sainement : une nécessité, pas un choix

La cuisine propre n’est pas seulement un problème de marché, c’est un impératif de santé publique. Partout en Afrique, on parle souvent de la cuisine propre comme d’une « opportunité de marché ». On aborde les questions d’accessibilité financière, de distribution, d’entrepreneurs locaux et de modèles de financement.
Tout est important, mais aussi incomplet.
Car une cuisine saine n’est pas qu’un simple produit à vendre. C’est une intervention de santé publique, un enjeu d’égalité des sexes et une nécessité vitale. Et les marchés, à eux seuls, ne peuvent résoudre ces problèmes.
Le coût de laisser faire le marché
Aujourd’hui, plus de 3 millions de personnes meurent prématurément chaque année dans le monde à cause de la pollution de l’air intérieur due à la cuisson avec des combustibles polluants. Réfléchissez-y .
Les femmes et les enfants sont les plus touchés : ils inhalent quotidiennement de la fumée simplement parce qu’ils préparent les repas pour leur famille. Pourtant, dans de nombreux pays, l’adoption de solutions de cuisson propres est encore considérée comme un choix de consommation, quelque chose que les gens « choisiront » lorsqu’ils en auront les moyens. Mais les observations faites à travers l’Afrique révèlent une réalité plus profonde :
- L’adoption d’une cuisine propre ne se résume pas à une question de prix ou de disponibilité.
- Elle est fortement influencée par la sensibilisation, la perception et les normes sociales.
Une étude menée dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne a révélé que la sensibilisation, les croyances culturelles et les avantages perçus sont des facteurs déterminants dans l’adoption de solutions de cuisson propres par les ménages. En Ouganda, les recherches montrent que la sensibilisation à la santé et la connaissance des avantages influencent directement les décisions d’adoption, et non seulement le niveau de revenu. En d’autres termes :
Les gens doivent comprendre le risque avant de modifier leur comportement.
Ce que font différemment les pays homologues
Prenons l’exemple du Kenya : l’adoption de la cuisson propre gagne du terrain non seulement grâce aux produits disponibles sur le marché, mais aussi grâce à des efforts nationaux délibérés et coordonnés :
- Stratégies soutenues par le gouvernement
- campagnes de sensibilisation du public
- Partenariats intersectoriels (énergie, environnement, éducation)
- Centres de démonstration communautaires
Ces initiatives influencent activement les comportements et les perceptions, et pas seulement l’offre. Malgré cela, des défis persistent, démontrant que sans politiques et sensibilisation soutenues, les marchés ne peuvent à eux seuls mener à bien la transition.
Nous ne pouvons pas résoudre la crise de la cuisine propre par le seul biais du marketing.
La cuisson propre n’est pas un problème de marché qui se résoudra par de meilleurs modèles de distribution ou des produits plus abordables. C’est une urgence de santé publique criante. Plus de 3 millions de personnes meurent chaque année de la pollution de l’air intérieur, principalement due à la cuisson au bois, au charbon de bois et à d’autres combustibles polluants. Et ce sont les femmes qui en subissent les conséquences. Des femmes qui n’ont pas le choix. Des femmes qui tentent simplement de nourrir leur famille.
Les marchés réagissent à la demande. Or, cette demande est influencée par la sensibilisation et la perception. Si les consommateurs ne comprennent pas les risques pour la santé, ne considèrent pas la cuisson propre comme essentielle ou associent la fumée au danger, ils ne la privilégieront pas, quel que soit le nombre de produits disponibles.
Il ne s’agit pas d’une théorie. Dans des pays comme le Kenya et l’Ouganda, les progrès en matière d’adoption de méthodes de cuisson propres sont étroitement liés aux campagnes de sensibilisation du public, à l’engagement communautaire et aux messages axés sur la santé, et non pas seulement à la disponibilité des produits.
Au Bénin, la cuisson propre reste largement facultative, car nous ne la traitons pas comme la crise qu’elle représente. Au lieu de cela, nous parlons d’accessibilité financière, nous encourageons la distribution et nous attendons des ménages qu’ils « améliorent » leurs pratiques lorsqu’ils le peuvent, tandis que des millions de personnes continuent d’inhaler quotidiennement de la fumée.



